Pourquoi le bitcoin monte, puis corrige malgré les bonnes nouvelles
Récemment, le bitcoin a franchi la barre des 100 000 dollars. Beaucoup y voient la conséquence de nouvelles positives : la SEC américaine a adopté un ton plus favorable, avec une déclaration de son président qui a rassuré les investisseurs. De son côté, le président russe a déclaré que le bitcoin était plus fiable que le dollar et qu'il pouvait servir de réserve stratégique. La Réserve fédérale et d'autres banques centrales ont aussi commencé à baisser leurs taux, ce qui annonce davantage de liquidités. Enfin, MicroStrategy a encore acheté pour des milliards de dollars de bitcoin, au point de détenir plus de 2 % de l'offre totale.
Avec un tel alignement, on pourrait penser que le bitcoin ne peut que monter. Pourtant, le marché reste agité, et des corrections brutales surviennent même dans ce contexte. Pourquoi ? J'analyse trois raisons.
D'abord, les mauvaises nouvelles existent aussi. Nous avons un biais de confirmation : on ne regarde que ce qui va dans le sens de nos positions. Mais il se passe toujours des événements négatifs. La Corée du Sud a annoncé la loi martiale, ce qui a provoqué des ventes à court terme. L'annonce de la puce quantique de Google a également effrayé ceux qui ne comprennent pas bien la cryptographie et la technologie du bitcoin.
Ensuite, les traders veulent simplement prendre des profits. La plupart n'ont pas pour objectif d'accumuler du bitcoin comme MicroStrategy. Ils veulent acheter bas et vendre haut, et engranger des dollars. Quand ils vendent, le prix baisse mécaniquement. C'est normal.
Enfin, l'effet de levier amplifie tout. Beaucoup utilisent des positions à effet de levier en espérant profiter de petites variations. Mais si le prix baisse un peu, leurs positions sont liquidées de force. Une seule correction a entraîné la liquidation de 1,7 milliard de dollars de positions en 24 heures. Ensuite, certains ont tenté de shorter avec levier, et le rebond du marché a liquidé leurs positions à découvert. Cette danse alimente la volatilité.
La volatilité joue un rôle sain dans le marché
La volatilité fait partie du jeu. Elle est la respiration du marché. Sans corrections, l'excès de confiance s'accumule, la bulle grossit et l'explosion finale est encore plus violente. Les pullbacks permettent au marché de se purger et offrent des points d'entrée.
Je le reconnais, accepter cela n'est pas facile. À mes débuts, j'ai perdu de l'argent, j'ai vendu à perte plusieurs fois, simplement parce que je paniquais quand je voyais les autres vendre. Mais avec le recul, ces mouvements sont normaux : il y a toujours des acheteurs et des vendeurs.
Ce qui compte, c'est de comprendre les cycles et d'observer les tendances. Les nouvelles influencent le prix à court terme, mais elles ne changent pas la trajectoire de long terme. Une fois qu'on intègre cela, on cesse d'avoir peur des corrections et on apprend à y voir des opportunités.
Le cycle de quatre ans du bitcoin : deux vitesses, plusieurs phases
Depuis sa création, le bitcoin suit un cycle assez régulier d'environ quatre ans : environ 2,5 ans de marché baissier, puis 1,5 an de marché haussier. Cette structure n'est pas une science exacte, mais elle se répète avec régularité.
Le marché baissier se décompose en deux phases : la phase de baisse, avec de fortes chutes, puis la phase d'accumulation, où le prix entre dans une zone de consolidation à bas niveau. CZ, l'ancien patron de Binance, a d'ailleurs décrit 2024 comme une année de consolidation, et 2025 comme le retour probable du marché haussier.
Pendant l'accumulation, la meilleure approche est d'acheter en DCA, c'est-à-dire à intervalles réguliers, sans chercher à attraper le point bas exact. C'est ce que fait Michael Saylor avec MicroStrategy, de manière disciplinée.
- Phase 1 du bull market : première hausse, le marché attire l'attention.
- Phase 2 : prise de bénéfices et consolidation, souvent appelée shakeout.
- Phase 3 : deuxième vague de hausse.
- Phase 4 : distribution et dernier sommet.
Acheter en DCA, vendre par paliers, et garder son plan
La stratégie que je recommande commence par l'achat en DCA, surtout pendant les phases de consolidation. Mais il faut aussi savoir vendre, et là, beaucoup échouent. Vendre au sommet exact est impossible. La solution, c'est de vendre par paliers.
Par exemple, quand le bitcoin atteint un niveau clé comme 100 000 dollars, vous pouvez vendre 20 % de votre position. S'il continue de monter, vous vendez encore 20 % à des seuils psychologiques comme 150 000, 200 000 dollars, puis éventuellement 300 000, 500 000 ou plus. Gardez toujours une partie, ce qu'on appelle un moonbag, au cas où le prix continuerait de grimper.
Évitez de placer vos ordres de vente exactement sur des chiffres ronds. Trop de traders le font, les carnets d'ordres y sont chargés, et votre ordre risque de ne pas être exécuté avant que le prix ne redescende.
Le plus important reste la discipline. Écrivez votre plan : à quel prix vous achetez, à quel prix vous vendez, en quelle proportion. Ensuite, respectez-le. Vos émotions sont votre pire ennemi. Quand tout le monde est excité, vendez. Quand tout le monde a peur, achetez. Les meilleurs traders ne sont pas dénués d'émotions, ils savent les écouter et faire l'inverse de la foule.
Si gérer ces montagnes russes est trop dur, adoptez une approche de long terme. La volatilité devient plus facile à accepter et vous ferez moins d'erreurs.
Bitcoin d'abord, les altcoins ensuite
Je me concentre sur le bitcoin, même si les altcoins m'intéressent. Les altcoins sont un autre monde, plus complexe, avec des logiques qui leur sont propres. Oui, le potentiel de gain peut être plus élevé, mais le risque l'est aussi.
Si les altcoins vous intéressent, surveillez la dominance du bitcoin. Quand elle passe sous 40 %, l'altcoin season démarre souvent. Mais gardez à l'esprit que beaucoup de traders, y compris des institutionnels, tradent les altcoins uniquement pour réinvestir leurs gains en bitcoin.
Le bitcoin reste l'objectif final : son offre est plafonnée à 21 millions d'unités, et il reste l'actif le plus performant de la dernière décennie. Pour moi, c'est la base du portefeuille.
Conclusion : faire de la volatilité une alliée
Le bitcoin peut monter à 100 000 dollars puis corriger de 20 % en quelques jours, même avec un flot de bonnes nouvelles. C'est le fonctionnement normal du marché. Une fois qu'on accepte cette réalité, on cesse de subir et on commence à construire une stratégie.
Comprendre le cycle de quatre ans, acheter en DCA pendant l'accumulation, vendre par paliers sans jamais tout liquider, et rester fidèle à un plan écrit : voilà ce qui sépare ceux qui profitent des cycles de ceux qui les subissent. Le bitcoin reste mon actif central, et les corrections sont pour moi des opportunités, pas des menaces.