La DeFi, une alternative aux livrets bancaires
Après mes vidéos sur le DCA en Bitcoin et sur la quantité de Bitcoin nécessaire pour prendre sa retraite, beaucoup d'entre vous m'ont demandé comment faire fructifier le reste du portefeuille : l'ETH, les stablecoins, etc. L'idée est simple : ne pas laisser dormir cet argent, le faire travailler pour ensuite réinvestir les gains, par exemple dans le Bitcoin.
Aujourd'hui, l'inflation moyenne des cinq dernières années tourne autour de 3 %. Un Livret A à 1,7 % vous fait donc perdre du pouvoir d'achat. En crypto, même avec des stablecoins adossés au dollar ou à l'euro, on peut viser des rendements de 3,5 à 8 % sans trop de complexité. Ces stablecoins sont souvent garantis par des bons du Trésor américain, ce qui les rend plus concrets qu'on ne l'imagine.
Ceci n'est pas un conseil en investissement : je vous raconte simplement ce que je fais, ce que je recommande à mes proches, et ce qui me semble raisonnable pour un débutant. Faites vos propres recherches avant de vous lancer.
Commencer simplement : les produits d'épargne des exchanges centralisés
La première porte d'entrée, et la plus simple, est d'utiliser les produits d'épargne proposés par les grands exchanges centralisés comme Kraken, Binance ou OKX. L'avantage est évident : c'est ergonomique, rapide, et il n'y a pas de friction technique.
Sur Kraken, par exemple, je peux aller dans la section Earn et choisir de placer mes USDT en mode flexible ou verrouillé. Le mode flexible permet de retirer à tout moment et rapporte environ 4,25 % ; le mode verrouillé sur 30 jours peut monter à 5,5 %. Il suffit de choisir le montant, de valider, et les intérêts sont versés chaque semaine.
C'est aussi simple qu'un virement sur un livret bancaire, sans rendez-vous ni paperasse. Évidemment, il faut garder en tête les risques : FTX a fait faillite, Bybit a subi un hack massif, d'autres plateformes ont disparu. Je recommande donc de privilégier les exchanges classés parmi les 10 à 15 premiers en volume sur CoinMarketCap. Utiliser un petit exchange local peut avoir du sens si vous vivez dans le pays concerné, mais sinon, inutile de prendre ce risque supplémentaire.
Staker de l'ETH : une vision de long terme
Plutôt que de tout placer en stablecoins, je conseille souvent de staker une partie de ses ETH. Le principe est le même : on bloque ses ETH, et on reçoit des récompenses en ETH. Le rendement actuel est d'environ 2,6 % par an, un peu plus faible que les stablecoins, mais si l'ETH prend de la valeur sur le long terme, cela devient très intéressant.
Via un exchange centralisé, pas besoin de gérer un nœud de validation ni de bloquer 32 ETH. On obtient simplement un jeton représentant notre staking (comme BETH ou WBETH chez Binance). Attention : pour récupérer ses ETH plus tard, il faut conserver ce jeton ; si on le perd ou le réinvestit ailleurs, on ne pourra plus récupérer la mise initiale.
Autre point à savoir : le retrait des ETH stakés peut prendre de 2 à 15 jours. Ce n'est donc pas adapté à de l'argent dont vous pourriez avoir besoin rapidement. Ma recommandation simple : gardez du cash à très court terme en stablecoins flexibles, des stablecoins verrouillés pour le moyen terme, de l'ETH staké pour le long terme, et du Bitcoin pour le très long terme.
Aller plus loin : prêter ses stablecoins sur Aave en décentralisé
Pour ceux qui sont à l'aise avec un wallet Web3 comme MetaMask ou OKX Web3 Wallet, il est possible de prêter ses stablecoins sur des protocoles décentralisés comme Aave. Aave est une plateforme majeure avec plusieurs dizaines de milliards de dollars de valeur totale verrouillée (TVL), ce qui en fait un protocole plutôt sûr.
J'utilise personnellement le réseau Arbitrum, un layer 2 d'Ethereum, car les frais de transaction y sont inférieurs à un centime, contre 6 à 12 dollars sur la chaîne principale Ethereum. On se connecte avec son wallet, on choisit le stablecoin (USDT, USDC ou DAI) et on appuie sur « Supply ». En deux clics, on commence à recevoir un rendement quotidien. Le taux varie : il était à 3,73 % le jour de ma démonstration, avec une moyenne de 4 à 5 % annuels.
Il existe des stratégies plus avancées comme les loops (emprunter et reprêter pour augmenter le rendement), mais je les déconseille aux débutants car elles augmentent le risque. Le gros avantage de la DeFi est que vos fonds restent dans votre wallet, sans intermédiaire. En contrepartie, vous êtes entièrement responsable : pas de support technique, et une erreur de réseau ou de contrat peut entraîner une perte définitive. Commencez toujours par de petites sommes, par exemple 10 dollars, pour tester.
Suivre et analyser : DeBank et DefiLlama
Quand on commence à répartir son argent sur plusieurs protocoles et blockchains, il devient vite difficile de s'y retrouver. DeBank est un outil gratuit qui permet de tracker un wallet : on voit immédiatement où sont les fonds, sur quelle chaîne, dans quel protocole, combien on a prêté, emprunté, staké, etc. Personnellement, j'ai retrouvé grâce à DeBank des airdrops sur Bsquared et des bitcoins bridgés sur Merlin que je ne voyais pas sur mon portefeuille classique.
DefiLlama est un autre outil indispensable pour analyser l'écosystème. Il montre les TVL de tous les protocoles : Lido à 33 milliards, Aave à 32 milliards, EigenLayer à 18 milliards, etc. La page « Yields » permet de comparer les rendements : par exemple, le staking d'ETH sur Lido rapporte 2,76 % contre 2,6 % sur un exchange centralisé. On peut aussi voir qu'on peut staker du Solana sur Jito à plus de 7 %. Ces données vous aident à identifier les projets solides et à choisir où placer votre argent en connaissance de cause.
Une stratégie simple pour débuter en DeFi
Pour résumer, trois portes d'entrée s'offrent à vous. Les produits d'épargne des exchanges centralisés sont parfaits pour commencer sans friction. Le staking d'ETH convient à une vision de moyen/long terme. Enfin, prêter des stablecoins sur Aave en décentralisé vous donne un contrôle total, à condition d'être autonome avec un wallet Web3.
Utilisez DeBank pour suivre l'ensemble de vos positions et DefiLlama pour comparer les protocoles et les rendements. N'oubliez jamais que plus le rendement est élevé, plus le risque augmente. Et gardez en tête la maxime « not your keys, not your coins » : si vous ne détenez pas vos clés privées, vous ne contrôlez pas réellement vos cryptomonnaies.
