main

Brèvesold

Mao : la légende écornée

10/01/2012 — by Cédric BEAU

mao

En Chine, si il est un sujet sur lequel il ne fait pas bon de polémiquer (hormis l’éternel marronnier du Tibet), c’est bien celui de Mao Zedong. Décédé le 9 septembre 1976, le chef suprême d’un milliard de chinois et de nombreux groupuscules maoïstes dans le monde a vu sa légende entretenue, diffusant l’image glorieuse d’un grand homme. Son mausolée au centre de Pékin, est aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour de nombreux chinois.

Cependant, avec l’ouverture de la Chine, l’accès aux archives et aux témoignages des contemporains (notamment celle du docteur Li, qui dresse l’image d’un homme cruel et grand amateur de femmes et autres plaisirs), l’image du grand Timonier s’assombrit. Un ouvrage, publié en 2006 sous le titre de Mao, l’histoire inconnue, de Jung Chang et Jon Halliday, révèle des informations jusqu’ici gardées secrètes.

Un des mérites que l’on accordait à Mao tenait dans le fait que la révolution communiste en Chine était autonome et spécifique. Or on apprend ici que jusqu’en 1953 (mort de Staline), elle était placée sous le contrôle et la direction de l’URSS. L’installation du PCC au pouvoir à Pékin a permis à l’URSS et au système communiste mondial d’enregistrer une gigantesque victoire. Si Mao a réussi à se hisser au sommet du Parti Communiste Chinois, c’est en grande partie qu’il a tout fait pour complaire à Staline, allant même jusqu’à s’emparer des postes émetteurs-récepteurs pour s’assurer le monopole des contacts avec le Kremlin.

Autre point : alors qu’il se présentait comme le leader d’une grande révolution paysanne (paysans sur lesquels s’est appuyé le PCC), il apparaît que Mao méprisait profondément cette frange de la population chinoise. 38 millions d’entre eux sont morts lors de la famine du Grand Bond en avant de 1959-62, pour les mêmes raisons que celles qui ont sévit en Ukraine en 1932-33 : il fallait se procurer, quel qu’en soit le prix, des devises issues de la vente de la production céréalière. Au total, durant les 27 années de règne de Mao, c’est plus de 70 millions de Chinois qui auront perdu la vie…

Présenté comme un jeune ascète se consacrant à la révolution pour le bonheur du peuple, Mao était en réalité un homme prêt à tout : assassinat de masse, empoissonnement de ses rivaux, trahison, torture. Coupé des réalités de la Chine, il menait une vie de despote dans ses palais secrets et autres abris anti-atomiques, entouré de ses maîtresses et concubines. On pensait Mao patriotique, combattant avec énergie l’invasion japonaise, puis une fois au pouvoir, cherchant à ramener la Chine dans le concert des nations. On sait aujourd’hui que le plus gros de la lutte contre les communistes a été soutenu par les troupes nationalistes de Tchang Kai-shek, Mao préservant ses forces pour l’inévitable guerre civile à venir, qu’il préparait avec ses alliés moscovites, qui lui fournissaient armes, fournitures et formateurs. De plus, l’avenir international de la Chine comptait peu pour lui : la seule chose qui importait était de posséder l’arme nucléaire. Il ne reculait devant l’idée d’une guerre atomique, qui elle devait faire disparaître la moitié de la population chinoise, aurait eu pour effet de “faire disparaître l’impérialisme américain et le révisionnisme soviétique”.

Lorsque Mao lance ses gardes rouges à l’assaut des “déviationnistes” en 1966, il lance ce qu’il considère comme la stade ultime de la démocratie : la Révolution Culturelle, qui restera surement la lus gigantesque opération de manipulation des masses de l’histoire. Se faisant, Mao reprenait le pouvoir absolu sur le PCC. Cette manœuvre politique coûta la vie à environ 2 à 3 millions de Chinois. Il tente aussi de se faire passer pour un théoricien du communisme, à l’instar de ses collègues soviétiques. Le Petit Livre Rouge a été non pas une réflexion sur le communisme, mais un instrument d’abrutissement du peuple chinois. Et quand on le compare aux Oeuvres de Lénine, on doute que Mao n’est pas ce qu’il convient d’appeler un penseur…

La Longue Marche, symbole de l’épopée maoïste, recèle des épisodes de trahisons, de désertions et de coups fourrés. L’image que l’on en donne à l’époque ressort aujourd’hui comme une immense mise en scène pour journalistes occidentaux à la recherche du sensationnel. En 1934, harcelés par les troupes nationalistes, les communistes du Jiangxi, menés par Mao, prennent la fuite, et se regroupent avec d’autres groupes armés communistes. Pendant un an, ils traversent le pays jusqu’à rejoindre le Nord. Commencée avec 80 000, elle se finit avec moins de 8000 d’entre eux à Yan’an. Mao devient le chef des rebelles communistes, mais à quel prix ?

Ce qui ressort de la lecture de cet ouvrage, c’est la volonté de puissance du leader chinois, qui associée à un art maîtrisé de la propagande et de la désinformation, lui a permis de régner sans partager sur l’Empire du Milieu pendant près de trente années…

 

Source : Mao, l’histoire inconnue ; Jung Chang & Jon Halliday ; Gallimard ; 2006 ; ISBN 10 : 2070441393.

Brèvesold

L’incontournable Cité Interdite

29/03/2011 — by Cédric BEAU

La Cité Interdite est le plus impressionnant palais impérial préservé dans le monde, comprenant les trésors cachés de la civilisation chinoise.

La splendide architecture de la Cité Interdite représente l’essence et l’aboutissement de réalisations architecturales traditionnelles chinoises phénoménales.

En 1961, la Cité interdite a été répertorié comme l’un des monuments historiques des plus importants selon le gouvernement central chinois et, en 1987, elle a été listé au patrimoine culturel mondial par l’UNESCO. Le Musée du Palais est un trésor éternel rassemblant des vestiges historiques et culturels chinois inédits.

Il est reconnu comme l’un des cinq plus importants palais dans le monde (les quatre autres étant le château de Versailles en France, le Palais de Buckingham au Royaume-Uni, la Maison Blanche aux Etats-Unis et le Kremlin en Russie).

La Cité Interdite, située en plein cœur de Pékin, fût l’habitation de 24 empereurs des dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911). La construction du grand palais avait été ordonnée par l’empereur Yongle de la dynastie Ming (1406), et s’est achevée en 1420. Dans l’ancienne Chine, l’empereur était considéré comme «  le fils du Ciel », et possédait donc le pouvoir suprême du ciel, faisant le lien entre terre et cieux.

Ce temple divin porte ce nom car un tel endroit était bien sûr interdit aux classes populaires. Initialement, la cité avait été appelé Zijin Cheng («Cité Pourpre Interdite») mais dans la Chine moderne, celui-ci est désormais appelé Gugong (« l’Ancien Palais »).

La Cité Interdite couvre une superficie d’environ 72 hectares, composé de 90 palais et de cours, 980 bâtiments et 8 704 chambres.

Cité interdite

Les touristes ne doivent pas manquer cette merveille mondiale. Mais il est conseillé d’éviter de réserver un hôtel aux alentours, qui ressemble plus souvent un hôtel Disneyland Paris qu’un hébergement de qualité et de confort. Il est préférable de choisir un logement plus éloigné des attractions touristiques.

Enfin, dans le but de sécuriser la cité interdite, ce monument sublime est entouré d’un mur de 10 mètres de haut, d’une circonférence de 3 kms. À chaque coin, un guet se loge dans cette forteresse tel une tour d’ivoire inaccessible.