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Le Guangzhouwan

11/01/2014 — par Cédric BEAU

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Le Guangzhouwan

11/01/2014 — par Cédric BEAU

Le Guangzhouwan (广州湾), dont on trouve trace dans les archives françaises sous le nom de Kouang-Tchéou-wan, est une colonie française située en Chine, sur la côte nord-est de la péninsule de Leizhou, dans l’actuelle province du Guangdong. Sa capitale était Fort-Bayard, connue aujourd’hui sous le nom de Zhanjiang.

Carte du territoire du Guangzhouwan en 1909

 

Le territoire est cédé à la France en le 27 mai 1898 (suite au traité signé le 12 avril de la même année). Celle-ci espère avec cette parcelle de terre chinoise de 1300km² concurrencer l’installation britannique à Hong-Kong et celle des Portugais à Macao. En janvier 1900, les droits français sur le Guangzhouwan se transforment en un bail de 99 ans. Bien qu’en territoire chinois, le Guangzhouwan est placé sous l’autorité du gouverneur général d’Indochine française.

Avec cette enclave, la France souhaite élargir son influence dans la Chine du Sud-est, et continuer la politique coloniale mise en place en Indochine. Le territoire cédé, riche en charbon, devient rapidement le coeur de nombreux projets visant à étendre la présence française en Chine, notamment à travers le chemin de fer devant relier Hanoï à Kunming, dans le Yunnan.

Mais la chute de la dynastie Qing en 1911, et l’instabilité politique qui s’en suit met à mal les projets français. La petite colonie ne se développe pas aussi vite qu’espéré (sa population passe seulement de 189 000 habitants en 1911 à 209 000 habitants en 1935, date à laquelle on compte 270 étrangers seulement, dont 266 français), et elle souffre dans la concurrence de ses voisines anglaises et portugaises. Pire, elle reste totalement oubliée des investisseurs français, qui préfèrent se tourner vers l’Indochine en plein essor. L’enclave survit notamment par le commerce de l’opium, dont le port est une plaque tournante pour l’Asie.

Souhaitant cependant conserver le territoire, et continuer à exploiter ses richesses minières, la France envisage alors de transformer e Guangzhouwan en vaste port militaire, destinés à accueillir les navires de la flotte française. Lancé en 1925, le projet voit le jour en 1931. Mais il n’aboutira pas faute de crédits.

En 1940, le gouvernement nationaliste chinois reconnait les droits de la France Libre sur le Guangzhouwan, tandis que l’Indochine reste gouvernée par des fonctionnaires aux ordres de Vichy. Le port devient un moyen de s’échapper en 1941-42 pour ceux qui fuient Hong-Kong, occupée par les Japonais.  En février 1943, le Japon envahit le territoire, avec la complicité du régime de Vichy, qui en reprend le contrôle du moins en théorie : l’administration militaire japonaise sera la maîtresse du Guangzhouwan jusqu’en 1945. En 1946, un accord est conclut entre la France et la Chine nationaliste : Tchang Kaï-shek accepte de retirer ses troupes du nord du Vietnam en échange de la cessation par la France de ses droits extra-territoriaux en Chine (les concessions de Shanghai, Hankou  Guangzhou, et du Guangzhouwan), en plus de céder les droits du chemin de fer du Yunnan et d’accorder un statut spécial à la minorité chinoise d’Indochine.

Il est encore possible de trouver des traces de la présence française dans cette partie de la Chine, notamment dans la ville de Zhanjiang, où on peut admirer notamment la maison du gouverneur ou l’église catholique.