Encyclopédie

Robert Jacquinot de Besange

09/01/2014 — par Cédric BEAU

main

Encyclopédie

Robert Jacquinot de Besange

09/01/2014 — par Cédric BEAU

L’Histoire regorge de héros oubliés, de nobles actions qui ne sont pas passées à la postérité et qui pourtant mériteraient de passer à la postérité. C’est le cas de Robert Jacquinot de Besange. Né le 15 mars 1878, ce français, originaire de Lorraine, rejoint les Jésuites en 1913. Il est alors envoyé en Chine, à Shanghai, où il restera plus de vingt-sept ans.

Le père Jacquinot dans la zone internationale de sécurité de Shanghai

 

En novembre 1937, le Japon, qui s’est lancé à la conquête de la Chine, envahit Shanghai. Le Père Jacquinot décide alors de mettre en place une zone de sécurité dans le quartier de Nanshi, après de longues négociations avec les Japonais. La zone s’étend de la rue Fang Bang au sud jusqu’à l’ancien mur d’enceinte de la ville au nord, et jusqu’à la concession française d’est en ouest. C’est plus d’un tiers de l’ancienne ville qui est transformé en camp de réfugiés. Pendant plus de trois ans, entre 250 000 et 360 000 personnes trouveront refuge dans cette zone, dirigée par le jésuite, et ravitaillée grâce au comité international mis en place. Des hôpitaux, des dispensaires et autres cantines fonctionnent en permanence.

A l’exemple du Père Jacquinot, de nombreuses autres zones internationales de sécurité verront le jour en Chine au fur et à mesure de l’avancée japonaise, comme à Hankou, Shenzhen, Zhangzhou. Mais la plus connue reste celle de Nankin, mise en place sous la direction de l’allemand John Rabe, qui s’inspirera du travail du Père Jacquinot à Shanghai. Les deux hommes collaboreront même à plusieurs reprises, Robert Jacquinot servant d’intermédiaire avec les troupes japonaises. Il avertira Rabe du refus des Japonais d’instaurer à Nankin une zone neutre comme à Shanghai.

Après la fermeture de la zone, le Père Jacquinot est accueilli en héros par les gouvernements chinois et américains (il est reçu par Tchang Kaï-shek et Roosevelt), et recevra les plus distinctions chinoises (l’Ordre de Jade) et françaises (la Légion d’honneur). Malheureusement, le nom du Père Jacquinot est aujourd’hui tombé dans l’oubli. On trouve son nom dans les accords de la Convention de Genève de 1949, comme exemple fondateur pour les zones de sécurité internationales. Un film lui est consacré, Jacquinot: A Forgotten Hero, présenté en 2009 au festival international du film de Shanghai.

Sources : The Jacquinot Safe Zone: Wartime Refugees in Shanghai (Stanford, California: Stanford University Press, 2008, xviii-206 pp.) ; Newsletter 32 du Souvenir français en Chine.

 

 

 

One comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

twelve + fourteen =

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.