Apprendre le chinoisold

Pourquoi y a t’il différentes transcriptions/romanisations du chinois dans les livres anciens et même encore aujourd’hui?

12/05/2015 — par Cédric BEAU

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Apprendre le chinoisold

Pourquoi y a t’il différentes transcriptions/romanisations du chinois dans les livres anciens et même encore aujourd’hui?

12/05/2015 — par Cédric BEAU

Trois transcriptions du chinois sont en usage en Occident : la transcription anglo-saxonne (wade), la transcription chinoise (pinyin) et la transcription de l’École française d’Extrême-Orient.
Alain Peyrefitte, Quand la Chine s’éveillera

Pas facile de s’y retrouver, entre Pékin, Peking et Beijing.

Pas très clair non plus de vouloir trouver Canton sur une carte chinoise ou anglaise, où il est écrit Guangdong.

D’où viennent toutes ces transcriptions? Pourquoi retrouve-t’on toujours différentes transcriptions encore aujourd’hui?

Voici quelque éléments d’analyse :

L’idée de base est en fait très simple : la Chine n’ayant pas établit de transcription officielle de ses caractères dans notre alphabet jusqu’à il y a peu, chacun pouvait créer sa propre transcription. Les courants principaux ont été les courants russes, anglais et français…

L’un des plus connus est le courant anglais : celui dit de Wade-Giles, du nom de son créateur Wade au milieu du 19è sicèle, couplé au nom de Giles qui l’a modifié en 1902.

Un des termes les plus connus en romanisation Wade-Giles est “kung fu” (k’ung fu). Toujours bien ancré dans le quotidien celui-là!

Le courant français est celui dit de l’EFEO (École Française d’Extrême Orient) créé par Séraphin Couvreur en 1902. L’EFEO s’est basée notamment sur la première version de Wade, mais comme tout bon français n’aime pas faire comme tout le monde (nannnn?), ils ont instauré une nouvelle romanisation et l’ont généralisée au monde francophone.

Exemple de “Confucius” en Wade et en EFEO :
Wade : K’UNG TZU.
EFEO : KONG TSEU.
(Pinyin : Kong Zi)

D’ailleurs je trouve domage que l’on perde l’appostrophe de Wade-Giles, qui donnait une info importante : le K est une lettre expirée en chinois.

Mais la Chine a décidé à la fin du 20è siècle qu’elle avait aussi son mot à dire dans l’histoire (dans l’Histoire?). Et elle a décidé de définir sa propre transcription phonétique, qui servirait aux étrangers à apprendre le chinois, mais surtout à l’alphabétisation des natifs, ses propres citoyens.

Ce fut un choix complexe et réfléchit, car il réfutait par la même occasion le bopomofo, transcription phonétique avec des caractères utilisée jusqu’alors, et d’ailleurs même toujours en vigueur, à Taiwan (un peu comme les alphabets phonétiques japonais hiragana/katakana, pour ceux qui connaissent).

Et ainsi, depuis le 1er janvier 1979, les publications officielles chinoises ont décidé d’adopter le pinyin. Elles ont été immédiatement imitées par les agences étrangères, et, par voie de conséquence, par les journaux, puis, peu à peu, par les livres. Font toutefois exception un certain nombre de noms très connus sous leur orthographe francisée : CANTON, CHIANG KAI-SHEK, CHOU EN-LAI, CONFUCIUS, MAO TSE-TUNG, NANKIN, PÉKIN, SUN YAT-SEN, TIBET.

De fait, on se trouve aujourd’hui -pas si longtemps en fait après l’invention du pinyin- dans une période où les vielles transcriptions anglaises, françaises et russes sont en train de disparaître petit à petit, pour laisser place progressivement (faut y’aller molo hein!) au Pinyin, la romanisation officielle des caractères chinois.

Mais effectivement, pendant cette période de transition, c’est un peu un bazar sans nom…

Ceci explique cela.