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Business en ChineLe chinois

[Interview] Georges Hymans, entrepreneur en Chine

25/06/2012 — par Cédric BEAU

Toujours dans les cartons et autres papiers, je laisse ma place aujourd’hui à un autre passionné de Chine et de chinois. Il a ouvert récemment un restaurant à Changsha, j’ai donc décidé de l’interviewer. Vous pourrez aussi découvrir son blog (lien en fin d’article) :

Georges

– Bonjour Georges, pourrais-tu te présenter?

Georges 32 ans, j’ai étudié le droit qui m’a apporté une certaine rigueur puis un MBA en Allemagne qui m’a donné le goût du marketing: “essayer de comprendre les comportements des consommateurs”.

J’ai travaillé comme commercial et en Chine

– Depuis combien de temps es-tu en Chine? Quelle est ton “histoire”?

J’ai vécu en en centre Chine à Changsha deux ans en 2006 et 2007. Je suis de retour dans la même ville depuis 5 mois.

En 2006 j’ai travaillé pour le CCPIT qui est la Chambre du Commerce et de l’Industrie Chinoise. Mon travail consistait à développer les échanges entre entreprises Chinoises et étrangères. Ce n’était pas facile car je comprenais très mal un environnement de travail Chinois traditionnel. J’ai énormément appris de cette expérience qui m’a fait beaucoup réfléchir sur les comportements, les différences culturelles, les bonnes et les mauvaises attitudes en Chine.

– Comment as-tu appris le chinois? Quelle a été ta plus grande difficulté?

J’ai appris à me débrouiller en Chinois en Chine. Il faut avoir quelques bases avant de se jeter dans le grand bain. En Chine les occasions ne manquent pas de pratiquer.

Personnellement je pense que le plus important est le Chinois oral:

1. comprendre ce qu’on vous dit. La Chine est un pays immense et les différents accents ne rendent pas cette tâche facile.

2. Se faire comprendre. La encore il faut travailler son accents: les fameux tons. Cependant les mouvements importants de population ces toutes dernières années aident: les Chinois ont une meilleure compréhension des accents étrangers. Ils tendent l’oreille et vous comprennent. C’est peut etre aussi un changement de génération: entre les Chinois qui reviennent de l’étranger, ceux qui ont voyagé, ceux qui ont étudié aux côtés d’étrangers.

En tout cas je vois bien la différence 2006-2012 à Changsha.

Passer du Chinois oral au Chinois écrit n’est pas facile. Je pense que le Chinois est une langue qui demande du temps: apprendre à comprendre, puis apprendre à parler et apprendre à écrire. Il faut apprendre trois fois!

En France, j’ai étudié un an à l’Inalco en cours du soir. Mais c’était difficile. Leur méthode générale pour apprendre la base des caractère est bonne mais ils demandent trop de matières qui pour moi ne me servent pas ou peu. Comme par exemple: l’apprentissage du Chinois traditionnel! Cela ajoute à la quantité de travail à fournir.

– Penses tu que le chinois est important dans les affaires et les relations en Chine?

 En Chine pour les affaires, je pense qu’il est très important d’avoir un traducteur: il vous donne de l’importance, renforce votre image, c’est un homme de paille qui peut glaner des informations sans prendre de décision, il vous laisse le temps de la réflexion.

D’ailleurs les Chinois se cachent bien souvent derrière un traducteur et font semblant de ne rien comprendre.

Evidemment il faut aussi comprendre et parler le Chinois. Les Chinois sont très touchés si vous parlez leur langues. Il n’est pas nécessaire de bien parler. Il faut savoir sortir les bonnes phrases pour toucher, flatter, remercier ou faire rire.

Un autre aspect est culturel: en plus de la langue il faut comprendre la culture: qui doit passer devant, quant lever son verre, accepter ou refuser de boire? quelle gestuelle? Quelles mimiques? parler fort ou non? quels fêtes, quels cadeaux, quels proverbes etc.

(en fait c’est un peu du marketing: comprendre ce qui touche un Chinois et pourquoi il se comporte d’une certaine façon).

Mon avis est personnel. Je pense que la culture est plus importante que le Chinois, car on peut arriver à maîtriser la culture mais maîtriser les subtilités du Chinois oral et écrit c’est pour moi mission impossible.

– Tu as créé un restaurant à Changsha, peux tu nous en parler?

En 2007 j’ai ouvert à Changsha un restaurant avec ma femme. Ce n’était pas facile mais j’ai senti un potentiel et je voulais retenter.

J’ai ouvert avec mon partenaire Alain Bernard un restaurant français:
44 NanHu Road à Changsha.

On propose à petits prix des plats français et occidentaux correspondant aussi aux goûts et attentes, “clichés” des Chinois. Par exemple escargots, foie gras, pâtes, steaks, soupes…

– Tu racontes tout cela sur ton blog et parle de marketing, ta passion?

Oui je tiens un blog:

http://deuxfrancaisachangsha.over-blog.com/

Je raconte mes deux projets:

1. ouvrir et développer un restaurant français en Chine

2. importer et essayer de vendre du vin en Chine

Je veux aussi à partir de mon quotidien illustré de photos tenter d’expliquer et d’analyser la Chine toujours avec un approche marketing. Par exemple: Qu’est ce qui fait la réussite/ l’échec d’un commerce, d’une marque, d’une entreprise; comment pensent et agissent les Chinois, pourquoi?, pourquoi les bus roulent trop vite en Chine etc…

Mon objectif est d’apporter des informations locales et uniques suivi d’une analyse. Car en Chine tout change rapidement.

– Merci pour ton intervention. Un petit mot en chinois?

Alors un proverbe classique:

bú rù hǔ xué, yān dé hǔ zǐ (不入虎穴,焉得虎子) : « sans entrer dans l’antre du tigre, comment capturer ses petits ? »

Au travers de mes expériences en Chine, j’ai réalisé que la stratégie doit être mise en pratique. C’est alors seulement qu’on peut comprendre si on s’est trompé et ce qui doit être amélioré. En plus je pense qu’il faut faire ce qui vous tient à coeur dans la mesure du possible.

Merci!

Merci à toi, Georges, et bonne chance dans les affaires!

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