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Sébastien, 27 ans, consterné par le Temple Shaolin ! Et puis…

02/05/2015 — by Cédric Beau

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Ce que vous allez trouver dans ces lignes va vous consterner…

Le mythe Shaolin a malheureusement fait beaucoup de déçus !

Aujourd’hui, laissez-moi vous raconter l’histoire de Sébastien (sous forme d’interview) :

Sébastien, qui es-tu ?

Je m’appelle Sébastien M., j’ai 27 ans et j’ai commencé le gongfu shaolin à l’âge de 16 ans.

Combien de fois en tout et combien de temps es-tu resté à Shaolin ?

Je suis allé 3 fois à “Shaolin”, la première fois en 2004, la deuxième fois en 2006 et la troisième fois en 2007 pour une durée de deux ans.

Shaolin, Deng Feng, pourrais-tu expliquer succintement la géographie là-bas ?

Pour faire simple, DengFeng est la ville qui est juste à côté du fameux temple Shaolin. C’est dans cette ville que sont regroupées les principales écoles de gongfu (environ une cinquantaine).

Comment es-tu allé en Chine la première fois ? Qui a organisé le voyage ? Qu’est ce qui a motivé ton dernier long séjour ? Pourquoi avoir choisi Fawang ?

La première fois que je suis allé en Chine, c’était en 2004 par l’intermédiaire d’une grosse association francaise de gongfu Shaolin. Au cours de ce voyage j’ai passé deux semaines au temple shaolin pour y suivre l’entrainement et les 2 autres semaines j’ai vadrouillé en Chine avec mon sac à dos. Suite à ce voyage j’ai été profondément dégouté par Shaolin, son ambiance, son business, j’étais vraiment super déçu du lieu et suis rentré en France avec un goût amer.

En 2005, je suis parti travailler à Paris et j’ai rencontré Maître ShiHengJun (释恒君) qui venait d’arriver en France pour enseigner le Kung fu Shaolin. Je lui ai expliqué mon expérience en Chine, mes déceptions, il m’a alors invité dans son école au temple DaFaWang (大法王寺) lors de l’été 2006 en soulignant qu’il allait me montrer le “vrai ” Shaolin. Je suis donc parti avec un ami pendant 1 mois à l’école de ShiHengJun en Chine. Ce voyage m’a définitivement réconcilié avec la Chine ! Je pense que c’est l’un de mes meilleurs souvenirs de ma vie. Tout était parfait, on se croyait dans un film ou un rêve. Le temple est niché dans un coin de paradis du Mont Song. On a, par contre, pu goûter au “vrai” entrainement à la chinoise et ça calme…

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Le point vital le plus utilisé par les chinois

10/03/2015 — by Cédric BEAU

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La Médecine Chinoise a déjà attiré votre curiosité ?

Je vous pose cette question parce qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’on me demande des renseignements sur cette science.

Evidemment les gens se disent que, puisque je parle sans cesse de culture chinoise, je dois également connaître la Médecine Chinoise…

Et la réalité va peut-être vous étonner :

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Dimension Chevalerie Chinoise, de Romain d’Huissier et Nicolas Henry

06/02/2015 — by Cédric BEAU

Extrêmement populaires en Chine, le wuxia zhuan (« Histoire de preux ») et son pendant cinématographique le wuxia pian restent encore trop méconnus en France, et ceux malgré le succès croissant des films de sabres chinois. Cette littérature riche, envolée et poétique, a pourtant tout pour plaire au public français amateur de capes et d’épées.
C’est pourquoi l’ouvrage publié par Rivière Blanche sous la direction de Roman d’Huissier et Nicolas Henry, le premier en son genre, est un modèle à suivre. Tout d’abord car il s’adresse au grand public (même si il ravira les puristes) : en effet, le livre commence par un rapide exposé du genre du wuxia zhuan, ses origines, ses courants, ses titres-phares, ses codes, avant de basculer du côté du cinéma et des réalisateurs comme Tsui Hark. Ainsi donc, pas besoin de maîtriser les codes du genre pour saisir tout le talent contenu dans les nouvelles de ce recueil, il suffit de lire cette préface et de se laisser bercer par la poésie des textes.

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La couverture, qui ne rend vraiment pas hommage au contenu…

Ceux-ci sont de très bonnes qualités, même si certains sortent vraiment du lot, à l’instar du texte d’Estelle Faye, Madame Sang, ou celui de Nicolas Henry, le Jade brisé. Chacun à leur manière, ils parviennent à capter et extraire l’essence du wuxia zhuan : ses personnages charismatiques et torturés, tout en nuances de gris ; son atmosphère où se mêlent mythes et réalité ; ses méchants tous plus machiavéliques les uns que les autres ; et ses paysages enchanteurs. Les dix nouvelles de l’ouvrage couvrent l’éventail des possibilités offertes par le genre, et on découvrira par exemple que même la vengeance la plus légitime peut se trouver corrompue par de nobles raisons…
Les nouvelles se lisent vite, sans temps mort, et on a souvent l’impression d’être happé dans l’action, tel l’un des nombreux figurants qui composent les films de sabres chinois. Le format court offert ici n’a que des avantages : on est directement au cœur du sujet, et tout s’enchaîne à la vitesse du vent, comme un combat chorégraphié à la perfection. C’est beau, c’est propre, et surtout, ça donne envie de ressortir son DVD de Hero ou de Tigre et Dragon.
Finalement, le seul point négatif que l’on trouvera à l’ouvrage sera cette couverture sortie tout droit des dix-huit enfers chinois, et qui ne rend absolument pas honneur aux textes contenus dans ce livre. Mais peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse…
Dimension Chevalerie Chinoise est donc une excellente initiative, très bien menée et présentée, qui vaut vraiment le détour, aussi bien pour les curieux que pour les initiés du genre. Il ne reste plus qu’à espérer d’autres initiatives du même genre chez l’éditeur !

 

NB : Chronique publiée à l’origine, par mes soins, sur Elbakin.net

Culture chinoise [n]oldVoyager en Chine

Visite au Yuanmingyuan (圆明园, Jardin de la Clarté Parfaite), août 2013

02/09/2013 — by Cédric BEAU

Cet article participe au jeu-concours “Ilo Ilo : gagnez vos places de ciné!“. Pour voter pour cet article, partagez le avec vos amis!

Je suis allé visiter enfin ce fameux parc à Pékin, cet été. En fait, ce n’était pas la première fois, parce que la première fois, j’étais encore bébé : ma mère m’a montré une photo où elle me donnait du lait de noix de coco à la paille parce qu’elle n’avait pas emporté de biberon et que j’avais soif ! Cette fois-ci aussi, c’était l’été, avec une chaleur assommante, plus de 40°C et un soleil de plomb. Ma mère avait emporté un parapluie à dentelles et un éventail, comme les Chinoises, et moi, bien Occidental, je souffrais sans casquette ou ventilateur. On recherchait l’ombre. Malgré ce cagnard, il y avait des foules de visiteurs, y compris des groupes avec des guides hurlant dans les mégaphones. Cependant, le parc est vaste, alors on peut aussi y trouver des coins tranquilles.

Il y a plusieurs entrées. Celle du nord-ouest permet de visiter le plus rapidement les fameuses ruines de l’ancien palais d’été. On achète un billet à plusieurs souches à l’entrée, ça coûte 25 rmb et on peut voir le parc et la section spéciale de l’ancien palais. Il y a d’abord une longue allée qui longe un petit étang rectangulaire avec des nénuphars de diverses origines (même des petits lilypads comme en Amazonie) , et on arrive à une grille où il faut passer la seconde souche du ticket pour visiter le parc des ruines des « bâtiments occidentaux » (西洋楼 Xi Yang Lou). Ensuite, l’allée longe une butte artificielle avec des arbres et des grands blocs de pierre, restes de constructions détruites. C’est agréable, mais du haut de la butte on ne voit pas grand-chose, il faut encore continuer un peu pour arriver au grand champ de ruines. En arrivant, on tombe sur le buste de Victor Hugo et un livre sculpté avec la version en anglais et en chinois du texte de sa célèbre lettre de 1861 adressée à l’Anglais Butler. Celle-ci explique tout :

Hauteville-House, 25 novembre 1861.

Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l’expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l’empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l’Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d’approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.

Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici :

Il y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette merveille s’appelait le Palais d’été. L’art a deux principes, l’Idée, qui produit l’art européen, et la Chimère, qui produit l’art oriental. Le Palais d’été était à l’art chimérique ce que le Parthénon est à l’art idéal. Tout ce que peut enfanter l’imagination d’un peuple presque extra-humain était là. Ce n’était pas, comme le Parthénon, une œuvre rare et unique ; c’était une sorte d’énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle. Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d’été. Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poëtes les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d’eau et d’écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d’éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c’était là ce monument. Il avait fallu, pour le créer, le long travail de deux générations. Cet édifice, qui avait l’énormité d’une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l’homme. Les artistes, les poëtes, les philosophes, connaissaient le Palais d’été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les Pyramides en Égypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le Palais d’été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C’était une sorte d’effrayant chef-d’œuvre inconnu entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule comme une silhouette de la civilisation d’Asie sur l’horizon de la civilisation d’Europe.

Cette merveille a disparu.

Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’été. L’un a pillé, l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît. Une dévastation en grand du Palais d’été s’est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d’Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu’on avait fait au Parthénon, on l’a fait au Palais d’été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce formidable et splendide musée de l’orient. Il n’y avait pas seulement là des chefs-d’œuvre d’art, il y avait un entassement d’orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits.

Nous européens, nous sommes les civilisés, et pour nous les chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie.

Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.

L’empire français a empoché la moitié de cette victoire, et il étale aujourd’hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été. J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.

En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate.

Telle est, monsieur, la quantité d’approbation que je donne à l’expédition de Chine.

VICTOR HUGO.

Alors, que reste-t-il en fait, maintenant ? Un vaste champ de ruines dont les pierres éparses rappellent le modèle occidental dont s’était inspiré les architectes. Car ce qui a été détruit n’est pas seulement un « songe oriental » quelconque, une n-ième reproduction des cités interdites en forme de cour carrée ou de fort retranché derrière ses murailles rouges, comme on en trouve dans d’autres cités, pas seulement une reproduction des trésors de la Chine comme le mini Potala tibétain qu’on trouve à Chengde au nord de Pékin, pas seulement une évocation des lieux magnifiques de la Chine du Sud comme le Yiheyuan (le ‘nouveau’ palais d’été) avec sa stupéfiante longue galerie couverte inspirée des jardins modèles, au bord du lac artificiel dont le nom rappelle celui de Kunming , au Yunnan, et sa petite « rue de Suzhou » derrière la butte où se dresse le temple qui surplomb le lac. Non, ce palais était un trait d’union entre l’Occident et l’Empire chinois, par la conception de ses jardins et l’architecture de son palais principal. Il avait été bâti avec l’aide des missionnaires et envoyés de France, entre autre. Et c’est ce symbole que les perfides Anglais, accompagnés d’ignorants Français, ont mis à sac, pillé et détruit.

Ironiquement, le petit labyrinthe (迷宫Mi gong) qui se trouvait près du palais a été le moins endommagé. Est-ce un signe de la difficulté qu’il y a à réconcilier les deux extrêmes de l’Eurasie ? Aujourd’hui, restauré, c’est le principal point d’attraction après la photo près des arches partiellement démolies de l’entrée du palais, qui était bordée comme à Fontainebleau d’un double escalier enserrant une fontaine où douze têtes pas très jolies d’ailleurs, en bronze, plus des gargouilles que des chefs d’œuvres, apportaient leur jet d’eau au bassin. Ces gargouilles, emportées par les pillards, font surface de temps en temps sur le marché des antiquités mondiales : elles sont devenues le symbole principal du Yuanmingyuan aujourd’hui et les Chinois s’attachent à les repérer et les récupérer. Non pas pour reconstruire le palais. C’est trop tard. Moins comme symbole de la méfiance à conserver vis-à-vis des perfides étrangers que comme symbole de la bêtise des combats qui détruit ce qui a été construit ensemble : symboles d’amitié aussi, qui si elles sont toutes récupérées un jour permettrait de mieux tirer un trait sur l’offense faite par des soudards sans éducation. La Chine n’a plus de haine vis-à-vis des Occidentaux : à quoi bon, quand les échanges montrent que cela ne sert à rien de productif ? Les Chinois vont voir les ruines, s’étonnent de leur style, s’amusent à grimper par-dessus les murets du labyrinthe pour court-circuiter la difficulté à chercher le passage en aveugle : encore un symbole.

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Le labyrinthe ; la maquette 

Il faut chercher un peu pour trouver le pavillon abritant la grande maquette du Yuanmingyuan ; il y a aussi un film qui passe en boucle, et bien entendu une boutique à souvenirs. L’entrée du pavillon est encore 10 rmb ; il y a un tarif adulte et un tarif enfant à moins de 1,20m ou étudiant sur présentation de carte (mais si on parle chinois, la déclaration suffit parfois pour annoncer un scolaire). La maquette est impressionnante : le parc faisait des centaines d’hectares (350 je crois), avec des centaines de palais petits ou grands, nichés dans la verdure parmi les lacs artificiels. Aujourd’hui c’est encore l’un des plus vastes parcs publics avec une superficie de 3,5 km2. Il est traversé du nord au sud par une grande allée qui permet d’aller de l’entrée sud jusqu’aux abords du palais en ruine : cette allée est rectiligne entre deux murs rouges, et on peut prendre un mini car électrique pour faire la distance (je n’ai pas essayé). Il y a des petites boutiques de souvenirs et des buvettes où on peut s’asseoir le long de l’allée. Mais en cette saison, mieux vaux éviter les brochettes d’agneau (problèmes de contrôles alimentaires, chaleur… la viande, plutôt non donc, là). Donc, je me suis rabattu sur les glaces, certes deux fois le tarif de mon quartier à Chaoyang, mais bien rafraîchissantes, et de qualité correcte – pas de souci d’estomac ensuite.

Pendant cette halte, je repensais à l’affaire des têtes, dont on avait beaucoup parlé au moment de la vente des biens d’Yves Saint Laurent et Pierre Bergé en 2009. Le rat et le lapin sont revenus à la Chine grâce au PDG du groupe français PPR ; elles ont rejoint celles qui sont visibles au petit musée Poly (en étage dans un immeuble de bureaux), près de la station de métro Dongsishitiao. Une reproduction de la fontaine avec ses ornements a été installée dans le parc près des ruines, dont l’accès est désormais protégé par des barrières pour décourager les amateurs de souvenirs, car pas mal de visiteurs continuaient à empocher jusqu’à la fin du XXe siècle des bouts de tuiles ou de pierres d’origine.

Poursuivant la promenade à l’ouest et au sud, il y a le parc, tranquille avec ses lacs, certains devenus champs de lotus dans cette saison estivale. Des bateaux permettent de naviguer, au moteur ou à la rame comme à Venise, entre ces lacs. A pied, on peut se promener dans des allées quasi désertes, derrière des murs, le long de petits canaux. Là aussi, les lotus sont présents, irradiant une lumière étrange, comme venant de l’intérieur de la corolle. Les bouddhistes l’ont mise en avant comme fleur sacrée : on comprend pourquoi en les contemplant.

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L’allée tranquille, les bateaux ; le lotus ; la libellule noire

Plus loin, au bord du lac, on trouve des cygnes noirs à bec rouge, et aussi toutes sortes d’insectes comme ces étranges libellules noires, courtes, qui alors que le soleil descend à l’horizon, s’accrochent aux longues herbes et aux roseaux du bord des étangs. C’était le signal du départ… Les groupes de visiteurs se hâtaient vers les sorties. La préposée au parking avait déjà quitté les lieux pour dîner ; les derniers automobilistes sont sortis sans payer ! Quant aux visiteurs à pied, il y avait le métro pas loin et puis comme partout à Pékin, un taxi facile à héler en « caressant l’air, paume vers le bas ».

Pierre-Emmanuel W.

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Quelques livres d’histoire de la Chine

11/03/2013 — by Cédric BEAU

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la grande revolution chinoise FairbankQuel serait le meilleur livre sur l’Histoire de la Chine ? Cette question m’est souvent posée. Et depuis le temps, vous savez que je prône en complément de l’apprentissage du chinois l’étude de l’histoire de la Chine. Je vous présente donc aujourd’hui une sélection de mes livres favoris sur le sujet. Ils constituent pour moi une excellente porte d’entrée pour qui souhaitent s’initier à l’histoire chinoise.

Pour qui souhaite un survol général de l’histoire de la Chine, je vous conseille l’ouvrage de Xavier Walter, Petite histoire de la Chine. En 200 pages, il nous offre un rapide aperçu de 3000 ans d’histoire chinoise. Un excellent moyen d’apprendre les dates principales sans s’encombrer l’esprit.

Si vous souhaitez quelque chose d’un peu plus poussé, je vous conseille Le monde chinois : Tome 1, De l’Age de Bronze au Moyen Age. La collection Agora produit souvent de très bons ouvrages, et celui-ci ne déroge pas à la règle.

Pour ceux qui seraient plus intéressés par l’histoire chinoise contemporaine, il y a pour moi deux incontournables : le premier, qui est à mes yeux le meilleur livre d’histoire chinoise jamais écrit, est l’ouvrage de John King Fairbank : La grande révolution chinoise : 1800-1989. C’est une véritable mine d’informations pour qui s’intéressent à l’histoire récente de la Chine, du déclin des Qing à l’essor de la République Populaire de Chine. Dans la même veine, mais dans une optique plus proche du récit de voyage, je conseille sans réserve le livre d’Alain Peyrefitte : Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera. Un modèle du genre, où le diplomate français nous raconte son récit de voyage en Chine en 1971, dans un pays sortant à peine des pires heures de la Révolution culturelle.

Actuellement, je suis en pleine lecture de De la Chine, d’Henry Kissinger. Je n’ai pas beaucoup avancé, mais je pressens déjà que ce livre recèle de nombreuses qualités.

Enfin, quelques ouvrages qui ne sont pas purement historiques, mais dont je conseille fortement la lecture. Le premier est l’autobiographie de mon personnage historique chinois favori, Aixinjueluo Puyi, le dernier empereur de Chine. J’étais empereur de Chine retrace l’histoire de celui qui fut trois fois empereur. Saisissant et bouleversant à la fois. A compléter avec le récit de Réginald Johnston, son précepteur, et de Shi Dan, eunuque de la Cité Interdite sous les Qin.

Bonne lecture, et n’hésitez pas à compléter cette liste en laissant un commentaire !

© Sylvain Ducarne / Cédric Beau

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Bonne année du Serpent !

10/02/2013 — by Cédric BEAU

2013 Année du Serpent

Un rapide message pour vous souhaiter une bonne année du Serpent 2013 ! Une nouvelle année démarre dans le calendrier chinois, qui je l’espère pour vous sera meilleure que 2012. Car même si l’année du Dragon fut excellente pour vous ou pour moi, il faut toujours souhaiter le meilleur, en toute circonstance ! Et si le Serpent est synonyme pour vous d’apprentissage du chinois, que cela soit perfectionnement ou initiation, que la lecture de ce blog vous soit profitable.

蛇年快乐 !

 

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Profitez du Nouvel An chinois pour perfectionner votre chinois

27/01/2013 — by Cédric BEAU

Nouvel an chinoisJe vous parlais hier de la difficulté de mettre en pratique son apprentissage du chinois en France. Et j’ai complètement omis de vous parler du nouvel an chinois, qui est une magnifique occasion !

Même si, personnellement, je trouve que c’est commercial et purement artificiel, les célébrations du nouvel an chinois en France devraient vous permettre de mettre en pratique votre chinois, d’autant plus que la date (10/02) approche à grands pas. Alors, comment utiliser ces célébrations à votre avantage ?

Tout d’abord, n’hésitez pas à aller participer aux festivités qui seront surement organisées près de chez vous. Pas besoin d’habiter dans le 13e arrondissement de Paris pour fêter le nouvel an chinois avec des chinois : chaque communauté implantée en France proposera surement au minimum une petite animation. Cela devrait être pour vous l’occasion de rencontres, et de pratiquer la langue chinoise. D’expérience, les Chinois ne rechignent pas à expliquer leurs traditions liées au nouvel an. Vous devriez donc pouvoir en apprendre beaucoup. Une seule chose à faire : sortir de chez vous et aller vers l’autre. Facile non ?

De plus, les supermarchés ne manqueront pas l’occasion de proposer à leurs clients des “produits chinois”, nems en tête. Si bien souvent, un connaisseur de la Chine trouvera cela peu intéressant, un profane pourra y découvrir quelques produits intéressants et typiques de la Chine. Et encore une fois, ce conseil que je donne à chaque fois : dès que vous découvrez un produit chinois, un plat ou quelque chose qui s’y rapporte, notez son nom dans un carnet, les caractères qui le composent, et apprenez les. Vous les retiendrez d’autant plus facilement qu’ils passeront souvent sous vos yeux.

Enfin, les festivités du nouvel an chinois sont aussi l’occasion de s’initier aux arcanes de la culture chinoise. 2013 sera l’année du Serpent d’Eau. Pourquoi dès lors ne pas en profiter pour regarder de plus près l’astrologie chinoise, les différents symboles, ou encore pourquoi un calendrier lunaire toujours en vigueur en Chine ?

Même si vous n’avez pas la chance d’avoir près de chez vous une communauté chinoise dynamique et une maire ou des associations actives, il y a toujours possibilité d’apprendre quelque chose d’utile, en chinois ou sur la culture chinoise, en s’intéressant au nouvel an chinois. Soyez curieux, tout simplement !

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Que font les écoliers chinois le matin ?

17/01/2013 — by Cédric BEAU

Quiconque a un jour eu l’occasion de passer de bonne heure devant une école chinoise a certainement déjà assisté au cérémoniel journalier auquel sont soumis les écoliers chinois. Étirements, gymnastique, la levée du drapeau avec l’hymne national, tout cela contribue, selon le PCC, a renforcer l’esprit de corps, de groupe et le patriotisme inhérent au communisme chinois. Cédric se propose donc de vous faire découvrir tout cela dans une nouvelle vidéo. N’hésitez pas à réagir, que cela soit ici ou sur Youtube. Bon visionnage !

 

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Quelques conseils de lecture

17/12/2012 — by Cédric BEAU

Littérature chinoiseJe n’ai de cesse d’exhorter les gens à s’intéresser à la culture chinoise. Et à mon avis, le plus court moyen de s’initier à ses arcanes, c’est de lire. Aux vues de la multitude d’ouvrages ayant de près ou de loin un rapport avec la Chine, difficile de ne pas trouver chaussure à son pied. Pour vous aider dans votre recherche, voici une sélection d’ouvrages, parmi ceux qui m’ont le plus marqué dans mon parcours d’étudiant en chinois, et surtout en histoire chinoise (on ne se refait pas).

Pour commencer, je ne saurais trop vous conseiller la lecture des quatre Livres Extraordinaires (四大奇书 /  Sì dà qíshū), classiques des classiques de la littérature chinoise : Au bord de l’eau (水浒传 / Shuǐhǔ Zhuàn) ; Histoire des Trois Royaumes (三国演义 / Sānguó Yǎnyì) ; Le Voyage en Occident (西游记 / Xī Yóu Jì) ; et Le Rêve dans le Pavillon Rouge (红楼梦 / Hóng Lóu Mèng). Ces quatre ouvrages constituent l’apogée de la littérature chinoise classique, et influencent encore aujourd’hui la culture et la littérature chinoise. Mon favori reste l’Histoire des Trois Royaumes, qui est pour l’équivalent de l’Illiade pour la Chine. C’est un texte long et dense, mais qui vaut largement le temps et l’énergie déployés à sa lecture. Pour les moins courageux, une intégrale en bande-dessinée vient justement de sortir, et les retours sont plus que positifs.

Si vous souhaitez avoir une vision plus européenne de la Chine, le Devisement du Monde (le Livre des Merveilles) de Marco Polo est fait pour vous. Le récit du marchand vénitien à travers l’Empire Yuan vous offrira un dépaysement assuré. De plus, c’est un excellent moyen de découvrir au quotidien une dynastie encore trop méconnue, et souvent peu considérée.

Plus proche de nous, et d’une lecture plus aisée, je vous conseille aussi Au coeur de la Cité Interdite, de Reginald F. Johnston. Sir Johnston fut le précepteur du dernier empereur de Chine, Puyi, et il décrit dans ce livre la vie quotidienne de l’empereur, coupé du monde et des réalités de son pays, ainsi que son parcours dans les tumultes qui ont secoué la Chine dans le premier quart du XXe siècle. Un excellent pendant à ce livre est l’ouvrage autobiographique de Puyi lui-même (J’étais empereur de Chine), dans lequel celui qui fut trois fois empereur raconte sa vie, du faste de la Cité Interdite aux jardins de Pékin dont il a la garde, après un passage en camp de redressement communiste.

Si vous êtes plus intéressé par les romans, je encourage à lire les aventures du juge Ti, de Robert van Gulik, qui vous emmèneront dans la Chine des Tang vivre des aventures qu’Agatha Christie n’aurait pas renié.

Si vous avez d’autres ouvrages à conseiller à nos lecteurs, n’hésitez pas à les poster en commentaire (je reconnais volontiers mes lacunes en littérature chinoise contemporaine !).

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Chine : entre regard critique et image d’Epinal

12/12/2012 — by Cédric BEAU

Chacun jette sur la Chine un regard qui lui est propre. Est-ce pour autant que cette vision a valeur universelle ?

Les plus ardents défenseurs de la Chine, ou ses pires détracteurs, sont, le plus souvent, des gens qui n’y sont même jamais allés.

Il me semble donc de bon ton de rappeler certaines choses élémentaires concernant ce pays qui constitue à nous tous notre passion.

Oui, la Chine est un dictature, qui pratique la peine de mort, les expropriations forcées, la mise en résidence surveillée ou l’emprisonnement de ses dissidents, l’Internet est censuré, et bien d’autres choses encore.

Est-ce pour autant que c’est l’enfer sur Terre, selon l’image qu’essaient d’en donner certains intellectuels d’aujourd’hui ? Les Chinois s’en accommodent très bien.

Même si ils ont eux aussi des envies de réformes, ces dernières sont mises en place par le gouvernement, bien que plus calmement que chez nous.

Pourquoi vouloir essayer de calquer des modèles occidentaux absolument pas adaptés à la culture chinoise ?

Si un jour les Chinois sont lassés du mode de gouvernance actuel, ils n’auront besoin de personne pour en changer. Quand on voit ce que donne la tentative d’exportation de la démocratie occidentale dans les pays arabes, on en droit de se demander le pourquoi du comment.

De même que le niveau de vie général en Chine : en tant qu’expatrié, tout le monde aime à dire qu’on peut vivre comme un prince pour moins que le SMIC. Ce à quoi je rétorque c’est absolument faux.

Si on a pas soit un bon job (payé au niveau français) ou papa/maman derrière qui alignent les billets, et bien c’est comme partout : on apprend à gérer et à ne pas faire de folies.

Bien sûr que la plupart des produits sont moins cher qu’en Europe, vu le salaire moyen, mais ces prix ne cessent de grimper (alors que les salaires chinois augmentent certes, mais pas en proportion).

A contrario, il faut aussi cesser d’idéaliser la Chine : j’entends souvent dire que les Chinois sont plus calmes, plus réservés, plus polis. Faux ! Ils sont comme tout le monde : il y a des gens très sympas, toujours prêts à rendre service, et de l’autre il y a des c***, comme partout, qui sont racistes, extravertis, prétentieux, sales, malpolis.

J’ai moi-même deux ou trois fois cette année fait l’expérience du “racisme” (bon je n’ai pas été victime d’un pogrom non plus) comme j’ai été quelques fois aidé par des Chinois sans que j’ai eu à en faire la demande.

La Chine est un pays magnifique, avec de superbes monuments à voir. Mais la Chine est aussi un pays sale, où les gens crachent partout avec force de bruits et de gestuelles (malgré les campagnes successives du gouvernement), où les ordures s’entassent dans la rue.

C’est aussi un pays où le klaxon doit être le plus utilisé au monde, et le code de la route (que je cherche toujours) bafoué à chaque seconde.

Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres. Je pourrais encore écrire des pages et des pages sur le sujet.

Mais la vraie question : pourquoi écrire tout ça ?

Tout simplement pour inciter les gens à faire la part des choses : oui c’est dépaysant de vivre en Chine, dans une culture différente, mais ce n’est ni un goulag, ni un paradis mystique.

C’est tout simplement un pays moderne, futur leader mondial certes, mais avec ses vices et ses vertus. Comme n’importe quel autre pays.

À vous de vous faire votre propre vision, loin des clichés des médias et des idées reçues.

Je vous invite … à vivre la Chine telle qu’elle est 🙂