main

Le chinoisold

Boire de l’alcool et apprendre une langue étrangère (et pas que pour le chinois mandarin!)

08/12/2012 — par Cédric BEAU

Voici un petit podcast que vous allez adorer, et la version “article” juste en dessous pour ceux qui préfèrent lire. N’oubliez pas de laisser un commentaire pour dire ce que vous en pensez ensuite  :

Un problème de fond :

Bonjour, aujourd’hui je voudrais vous parler d’un article qui a eu une suite un petit peu inattendue et qui m’a ouvert vraiment les yeux sur un phénomène très intéressant dans l’apprentissage d’une langue et plus particulièrement dans l’apprentissage du chinois. Il s’agit de l’article « étudiez ce que vous aimez » que Sylvain a écrit. Cet article a reçu plusieurs commentaires dont un sur la bière. Les effets de l’alcool, que j’ai pu mettre donc en réponse à ce commentaire sur l’inhibition de l’ego, sur l’inhibition des craintes de ce que les gens appellent la timidité etc., c’est vraiment quelque chose qu’il faut évoquer aujourd’hui.

Passions chinoisAlors, Sylvain a rebondi déjà la dessus en disant effectivement, que ce soit l’alcool ou n’importe quoi, même si c’était dit sur le ton humoristique, l’intérêt c’est de parler du vocabulaire qui nous intéresse, des marques qui vous intéressent, de la culture qui vous intéresse, de l’histoire, de votre passion. Donc moi j’ai plutôt répondu sur les problèmes de blocage, sur la timidité et sur la mention donc d’un camarade, lorsque j’étais en Allemagne, qui avait trop bu et le fait d’avoir trop bu l’avait amené à parler d’une manière très fluide et sans aucun blocage, sans aucune timidité.

Alors moi je suis quelqu’un de plutôt positif et donc j’ai peut-être un regard un petit peu moins limité que d’autres sur les maux du monde, comme j’ai eu l’occasion de rencontrer des cadavres en descendant de chez moi ici en Chine, bon ce sont des situations de la vie qui font qu’on a pas le regard très, comment est-ce qu’on pourrait dire, très, français, ou très médical ou bien alors le regard des profs d’il y a quelques dizaines d’années sur l’éducation des enfants qui maintenant est plus laissée aux parents, enfin bon. Moi, ma réponse était plutôt orientée vers quelque chose qui n’a aucun rapport sur les méfaits de l’alcool.

Non, c’est pas un site qui est visité par un public de jeunes étudiants comme on m’a mis ça en commentaire et je n’incite personne à boire avant de conduire et oui, je pense que j’ai bien une vocation d’éducation mais j’ai bien fait la mention de consommer l’alcool avec modération, ma vocation d’éducation des jeunes ados qui ne savent pas se mettre des limites s’arrête là. Je pense qu’il vaut mieux réorienter le sujet qui nous intéresse c’est à dire le chinois.

Apprendre une langue : lever les freins qui vous empêchent de “parler”

Le problème c’est pas l’alcool, le problème ça va être donc de lever les inhibitions, de pouvoir bien apprendre et du coup autant le faire en restant sobre bien évidemment. Donc moi j’ai la chance de pouvoir me prendre en exemple après avoir appris l’anglais, l’allemand, le chinois, les dialectes, après avoir attaqué quelques mots de japonais, même si je laisse un petit peu le japonais de côté depuis quelques temps, j’apprends actuellement l’espagnol et bon, on va pas en parler ici non plus, j’arrive à un niveau qu’on peut qualifier de pas trop mal au niveau du fait d’être polyglotte et pour cela je n’ai pas besoin d’alcool.

Pas une goutte, d’ailleurs, certains polyglottes, certains grands apprenants en langue, ne boivent pas une seule goutte d’alcool. Je vous parlerai très bientôt de Benny en l’occurrence. La première chose qu’il faut vraiment noter, c’est qu’on ne parle pas mieux quand on est alcoolisé. La question et le problème qu’il résulte et qui reste ici c’est juste un problème de confiance en soi, un problème de timidité ou un problème de maladie sociale dans 1 % des cas.

Plutôt que de critiquer l’alcool je vous propose de réfléchir un moment à comment obtenir ce résultat de la confiance en soir, du fait de parler, vraiment parler et d’arriver à quelque chose de constructif.

D’ailleurs je vous invite à la fin de cet article à réagir en commentaire et à me dire ce que vous en pensez et à donner vos astuces aussi pour travailler la confiance, travailler ce faux problème, j’ai envie de dire un faux problème de la timidité et travailler aussi l’histoire des fautes, parce qu’on fait des fautes quand on apprend une langue et lorsqu’on va la pratiquer.

C’est aussi un aussi un problème qui va nous bloquer pour aller s’exprimer en chinois en l’occurrence.

Freins apprendre chinois

Avoir confiance en soi

Alors la première chose qu’on va évoquer ça va être la confiance. Comment est-ce qu’on peut travailler la confiance en soi pour aller parler le chinois, vraiment c’est une langue, le but c’est de communiquer alors si vous restez bloqué, vous avez pas confiance en vous et que vous parlez pas, non seulement vous n’allez pas faire de progrès mais en plus la langue elle ne vous sert pas, si vous n’utilisez pas une langue pour communiquer, ça n’a aucun intérêt.

Faites vous complimenter

La première chose qu’on va évoquer dans le thème de la confiance, ça va être les critiques. Qu’est-ce qui vous fait ne pas avoir confiance en vous, qu’est-ce qui vous rend craintif de vous exprimer, généralement c’est les critiques.

Et qu’est-ce qui va vous aider à vous exprimer, ça va être les compliments.

Alors quand on a des compliments je peux vous dire qu’on a un sacré boost au niveau de la motivation, un sacré boost au niveau de la confiance en soi. Alors comment est-ce qu’on va faire pour ne pas avoir de critiques et comment est-ce qu’on va faire pour avoir des compliments ? Voilà comment travailler la confiance et voilà comment travailler cette aisance et ces inhibitions.

La première chose que je pourrai vous dire, mais c’est plus facile à dire qu’à faire, c’est d’oublier les critiques, tout simplement les critiques, n’y faites pas attention et les compliments, par contre retenez-les , ça c’est sûr il faut les retenir les compliments mais sans avoir la grosse tête non plus. Alors, c’est facile à dire, et on va aller encore plus loin dans ce point là, comment est-ce qu’on peut obtenir plus de compliments et moins de critiques.

Eh bien pour obtenir plus de compliments, vous pouvez travailler quelque chose de très très simple, ne pas avoir la grosse tête, c’est à dire que vous pouvez, même si vous connaissez votre niveau, vous présenter comme ayant un niveau inférieur.

C’est à dire que moi, en chinois par exemple, c’est pas forcément de la modestie ou de la fausse modestie, quand je vais aller m’exprimer en chinois avec des personnes maintenant qui ont un sacré vocabulaire, en fonction des relations que l’on a, eh bien je dis que je ne sais pas bien parler chinois. Alors oui, je suis prof de chinois, oui, j’ai été examinateur au bac, oui j’ai créé ma méthode d’enseignement du chinois etc. mais je ne vais pas dire tout ça. Si je leur dis je suis un spécialiste du chinois et j’étudie les caractères anciens et l’étymologie des caractères, ils vont mettre la barre très haut et à la moindre faute, je vais être ridiculisé.

Dans leur tête ils vont se dire mais c’est pas possible, et ils vont pas faire de compliments sur les belles phrases qui sont au-dessus du niveau moyen d’un apprenant en chinois. Non, on aura que des critiques, que des regards de travers, alors que si vous dites que vous avez un niveau inférieur, que vous faites même exprès de faire quelques fautes, voire des fautes drôles qui peuvent être amenées à un contresens rigolo que vous maîtrisez en faisant exprès, là vous allez non seulement rendre la communication plus cool, plus aisée, mais en plus vous allez obtenir des compliments dès que vous allez sortir votre niveau HSK3 HSK4 avec des phrases un petit peu plus complexes en disant « oui, je pense que » etc. en nuançant vos phrases, voilà je peux vous dire que vous aurez des compliments et vous serez amené du coup à booster encore votre chinois.

Vous serez confiant, vous aurez envie d’aller plus loin, tandis que si vous mettez la barre haute, vous dites « oui bon ben moi ça fait bientôt sept ans que je fais du chinois et puis j’ai passé mon HSK4 etc. » alors là je peux vous dire qu’ils s’attendent à un niveau HSK4 tout simplement parce que vous leur avez dit. Du coup faites en sorte d’obtenir plus de compliments et moins de critiques. Ça c’est vraiment la première chose qui va aider le plus à la confiance.

Parlez, ne réfléchissez pas

Deuxième chose qu’il faut faire c’est ne pas vous écouter. Ne planifiez pas ce que vous allez dire, réfléchissez pas trop dans votre tête, parlez, parlez, parlez. Alors c’est pas forcément facile de parler en fonction des interlocuteurs, que vous rencontrez une belle fille qui est l’amie de votre ami et vous ne savez pas quoi lui dire, vous êtes bloqué là aussi, problème de timidité ou pas, on en reparle juste après, mais il faut aller parler.

Alors qu’est-ce que vous pouvez faire pour vous entraîner à ça, allez parler aux étrangers, aux gens que vous ne connaissez pas. Vous êtes en France, vous êtes à l’étranger, vous allez au café des langues, vous allez rencontrer des gens que vous ne connaissez pas du tout, qui apprennent les langues ou qui sont natifs dans la langue que vous étudiez et que cous fassiez des fautes ou pas c’est pas grave parce que vous les connaissez pas.

Et pareil quand vous êtes dans le pays, vous allez parler à quelqu’un dans la rue et puis, c’est pas grave de toute façon parce qu’il vous connaît pas. Alors vous faites des fautes, c’est pas grave, là ça va pas vous gêner. Tandis que si c’est l’ami de votre ami ou alors c’est une relation de la famille etc. là ça va être un petit plus gênant, un petit peu plus bloquant. Commencez par trouver une solution alternative pour booster ce fait d’aller parler, d’aller parler aux gens.

Je ne sais pas de quoi parler…

Alors vous allez me dire « oui mais qu’est-ce que je vais leur dire aux gens ? J’ai rien à dire moi, j’ai pas d’idées  ». Tout simplement laissez-les parler. Vous allez les voir, vous leur posez des questions, « Comment tu t’appelles, qu’est-ce que tu fais, où est-ce qu’elle est la plage, est-ce que vous savez si il y a un hôpital pas loin », n’hésitez pas même si vous ne recherchez pas un hôpital, vous leur posez la question, vous pratiquez et ensuite vous utilisez des connecteurs pour relancer les questions.C’est à dire que si la personne vous répond et vous relance une autre question derrière, ne répondez pas avec un seul mot. Vous répondez déjà avec la capacité que vous avez de répondre, si vous connaissez qu’un seul mot pour répondre vous n’utilisez qu’un seul mot, si vous savez répondre avec une belle phrase vous répondez avec un belle phrase, mais relancez. C’est à dire que vous pouvez utiliser des connecteurs, on va dire des termes qui permettent de relancer la conversation, en disant par exemple « là c’est une bonne question, par exemple je m’appelle Untel blablabla » et développez, brodez un maximum et ensuite utilisez une manière un petit peu rhétorique de relancer la chose en disant par exemple « et toi ? » en terminant la question. Et ensuite, vous attaquez une autre question.

C’est à dire que vous allez parlez peut-être un petit peu moins que votre interlocuteur mais vous allez parler, vous allez tenir un conversation, vous allez communiquer, vous allez apprendre des choses et c’est justement le but de l’apprentissage d’une langue.

Parlez de, et étudiez ce que vous aimez (j’insiste!) : l’art de la guerre

Ensuite pour être toujours à l’aise quand vous ne savez pas trop de quoi parler, ou alors que vous voulez parler mais que vous n’avez pas d’idées, parlez tout simplement des choses que vous connaissez, des choses que vous maîtrisez, vous serez là aussi plus à l’aise. Si vous ne maîtrisez rien il est temps de prendre des cours de danse ou de calligraphie ou de vous mettre au Kung-fu ou je ne sais pas,  trouver une passion, généralement tout le monde est plus fort dans un domaine que quelqu’un d’autre.

Et ensuite, dernier point pour vous mettre un petit peu en confiance, contrôlez un petit peu, c’est à dire que si vous êtes chez un ami, avec des gens que vous connaissez, vous êtes pas en position de force, vous n’êtes pas chez vous, vous ne contrôlez rien, vous ne gérez pas les éléments extérieurs autour de vous, vous êtes un invité, un étranger, vous êtes pas en position de force, vous serez pas à l’aise, vous aurez pas confiance. Tandis que si c’est vous qui choisissez le restaurant, si c’est vous qui recevez chez vous, si c’est vous qui choisissez le repas  justement vous êtes bon en cuisine ça vous permet de parler de la cuisine, vous aimez bien l’Italie, vous faites des pâtes à l’italienne et puis ça vous permet d’amener le sujet sur l’Italie, là vous êtes en position de force, vous petes en confiance, vous petes à l’aise. Ce dernier point d’ailleurs est sur une idée très bonne de l’art de la guerre de Sun Zi. Mettez-vous en position de force : vous choisissez le cadre, vous choisissez le temps, l’heure, le lieu, tout, vous choisissez tout, et vous êtes le maître des lieux, vous êtes en position de force, vous pouvez parler de ce que vous avez prévu de parler. Et là aussi donc ça va vous amener à une aisance.

Alors dans ce thème et dans les recherches que j’ai pu faire dans un niveau scientifique et linguistique parce que j’aime bien ça, rechercher un petit peu des trucs sur le cerveau, il y avait effectivement des mentions qui étaient faites sur les effets du Valium et les effets de l’alcool sur les limites du langage que l’on se fixe soi-même par l’ego, par la réputée université médicale du Michigan eh bien au niveau médical, je vais pas développer ça pour ne pas heurter certaines susceptibilités mais si le cerveau vous intéresse, les méandres un petit peu de notre façon de penser, les automatismes qu’on a vous intéressent, il y a vraiment des très bons bouquins là-dessus et des très bonnes recherches très très intéressantes qui ont été faites sur le sujet.

Vous n’êtes pas timide, vous êtes comme moi, comme tout le monde :

Timide

Je vous avait dit qu’on allait parler aussi de la timidité. Il faut savoir que vous n’êtes pas timide, il y a des maladies qui sont le fait d’être trop introverti, le fait d’avoir des problèmes dans un niveau social, dans un milieu social, mais ça c’est pour 1 % des gens, pour les gens qui ont ces maladies, pour les gens qui ont des problèmes comme l’autisme etc..

Pour le reste, tout le monde est timide. Et si tout le monde est timide, vous n’êtes pas timide. Personne ne vous dira jamais qu’il n’est pas timide du tout. Alors si tout le monde est timide je vous dit personne ne l’est. Il y a forcément un domaine dans lequel vous êtes plus extraverti et il y a forcément des domaines dans lesquels vous êtes plus réservé.

Travaillez, encore une fois, votre position de force et mettez-vous dans votre domaine d’aisance. Mettez-vous avec des gens qui ont les mêmes passions, mettez-vous avec des gens qui ont cette même sensation de timidité puis parlez-en, en chinois de préférence.

Et ne vous comparez pas avec ces gens qui parlent avec tout le monde, qui publient des podcasts sur internet ou qui font des vidéos. Moi je peux vous dire que je suis pas à l’aise quand j’enregistre ici un podcast ou quand je suis dans une vidéo. Mais alors qu’est-ce que je fais, eh bien je n’y pense pas. Je me dis il faudrait que je fasse un podcast, il faudrait que je mette ma voix en crédibilité sur ces mots que je suis en train de mettre là, il faudrait que je fasse des vidéos pour expliquer aux gens ma façon de penser pour l’enseignement du chinois parce que vraiment je pense qu’il y a un besoin. Je me dis pas « oui mais j’ai jamais fait de vidéo » parce que j’avais jamais fait de vidéo, « oui, j’ai jamais enregistré un podcast » parce que j’avais jamais enregistré un podcast non plus, « oui je vais lancer un blog et je vais avoir des milliers de personnes sur ma page Facebook », non !

Qu’est-ce que je me suis dit ? Je me suis dit « je vais lancer un blog, je vais faire des vidéos, je vais prendre mon dictaphone et enregistrer un podcast ». Et je le fais.

Alors c’est pas parfait, je bégaie, je mâche mes mots, je parle trop vite, et alors ? Je le fais. Et qu’est-ce qui va se passer, à force de le faire, je vais forcément m’améliorer. Eh bien ça va être pareil pour le chinois. C’est facile à dire, de dire allez-y, mais c’est pas juste ça, c’est pas juste allez-y, c’est allez-y avec méthode, allez-y en contrôlant les choses. Allez-y en mettant toutes les options, les possibilités qui vont vous permettre d’avoir confiance de votre côté et n’ayez pas peur d’y aller.

Donc ce problème de la timidité il n’existe pas vraiment sauf bien évidemment dans les cas où c’est un petit peu une maladie et un problème au niveau social mais dans 99 % des cas, vous n’êtes pas timide.

Faire des fautes, une bonne chose?

Donc travaillez ces points là et quelque chose qu’il faut évoquer aussi, c’est les fautes. Pourquoi est-ce que vous avez peur de faire des fautes ? Si vous ne parlez pas, comment est-ce que vous allez progresser ? Si vous en demandez pas, comment et-ce que vous allez apprendre ? Est-ce que vous pensez que ceux qui parlent mieux que vous n’ont jamais ait de fautes ?

Une langue, je vous le disait tout à l’heure, on l’apprend pour communiquer, pas pour la garder pour soi. Les fautes, effectivement c’est un terme négatif, personne ne veut faire des fautes, et aucun prof ne vous dirait de faire des fautes, sauf moi bien évidemment.

Les fautes ça fait partie du processus d’apprentissage. L’échec va vous aider au succès, le fait de corriger une faute, vous allez mieux la retenir et en plus le fait de pratiquer, vous allez gagner de l’aisance à l’oral et vous allez progresser, même sans vous en rendre compte, j’en parle juste après.

Donc ces fautes il faut les accepter sinon vous allez même pas les voir, même pas les retenir lorsque vous allez les corriger et vous allez attraper des mauvaises habitudes et du coup ça va être encore pire que si vous n’aviez pas fait de fautes ou si vous aviez réfléchi pendant une demi-heure avant de sortir une phrase.

Donc, on a des astuces effectivement pour faire moins de fautes, mais pour le reste, allez-y, lancez-vous, encore une fois c’est vraiment très important.

Comment faire moins de fautes?

Pour faire moins de fautes, alors comment est-ce qu’on peut  faire moins de fautes, quelques exercices là : lorsque vous avez une leçon de chinois ou d’une autre langue, vous avez souvent des exemples, vous pouvez apprendre les exemples par cœur. Vous apprenez une structure en apprenant un exemple, sauf qu’une structure c’est un peu plus difficile à apprendre qu’un exemple parce qu’une structure ça n’a pas d’histoire, c’est abstrait, tandis qu’un exemple c’est concret, il y a une histoire, il y a un cours derrière, il y a une illustration, vous pouvez la retenir plus facilement en retenant donc un exemple.

Une autre technique, alors très très utile, tiens celle-là qui m’a permis de booster mon anglais. Alors moi j’ai commencé quand j’étais en seconde, j’étais nul en langues avant et quand je suis arrivé en seconde qu’est-ce que j’ai fait, j’ai commencé à lire en anglais. Alors au début je peux vous dire que je comprenais pas grand chose, j’ai commencé par des petits magazines spéciaux pour les gens qui apprennent les langues, des trucs comme Vocable ou je sais plus quoi là, et ensuite j’ai appris en lisant des journaux, donc au début des journaux sur des thèmes qui m’intéressaient, à l’époque j’aimais bien les animaux, je voulais être vétérinaire au début tiens, si vous saviez.

Et ensuite, je suis passé à des trucs un petit peu plus compliqués, des romans en anglais et je lis toujours en anglais aujourd’hui. Qu’est-ce que ça a changé le fait de lire en anglais, qu’est-ce que ça a changé d’écouter la radio aussi ? J’écoutais BBC sur les ondes moyennes, tout le monde peut écouter BBC maintenant avec Internet. Je regardais des films, en sous-titré, ça aussi Sylvain l’a évoqué dans des articles précédents. Le cerveau travaille beaucoup plus que vous n’imaginez lorsque vous lisez, regardez des films et écoutez la radio dans la langue que vous souhaitez apprendre.

Pourquoi ? Parce que le cerveau va retenir ces structures, là aussi avec cette histoire. Et même si il y a des mots que vous ne comprenez pas vous arrivez, au bout d’un moment, à retenir que la structure c’est Sujet, Verbe, Complément d’Objet etc.. Le cerveau va travailler beaucoup plus que vous ne l’imaginez. Vraiment retenez cette phrase et allez-y.

Au début je peux vous garantir qu’on comprend quasiment rien mais ensuite ça va être super utile et ça va venir naturellement : vous allez écrire une phrase et vous allez vous dire, tiens cette phrase elle sonne pas bien, cette phrase je devrais plutôt inverser ces deux mots-là, ou bien je devrais plutôt changer ce mot-là par cet autre mot. Votre cerveau va vous le dire sans que vous ayez a réfléchir, sans que vous ayez eu à apprendre en plus les structures.

Vous seriez surpris de voir le nombre de personnes qui apprennent des langues, surtout les asiatiques, en regardant des films, en écoutant des chansons. Moi je connais quelqu’un, une vietnamienne, qui a appris le chinois et le français comme ça. Elle n’a jamais pris un cours, elle a juste regardé des films et ensuite elle a parlé en allant dans des pays, elle s’est lancée, elle a pas eu peur de faire des fautes. Alors bien sûr elle fait toujours des fautes, malgré le fait que ça fasse sept-huit ans qu’elle habite en France, mais elle communique, elle s’exprime, elle peut tout dire et si on reste dans un sujet simple elle ne fait aucune faute.

Et au pire, que risquez vous ?

Gifle

Et ensuite un dernier point qu’il faut que j’évoque avec vous aussi sur ce problème de confiance, d’inhibition de l’ego sur les langues, l’expression, c’est retenez cette petite idée toute simple, qu’est-ce qui va se passer si vous faites une faute ? Quelle est la pire chose qui puisse se passer si vous faites une faute alors que vous rencontrez quelqu’un dans la rue ou l’ami d’un ami ?

Est-ce que vous allez mourir ? Est-ce que vous allez être malade ? Est-ce que vous allez vous prendre une gifle parce que vous avez dit « je suis enceinte » à la place de dire « je suis embarrassé » ? Si vous faites un petit peu d’espagnol vous allez comprendre ce que j’entends par là.

Non, il ne va rien se passer ! Au pire vous allez avoir un petit sourire en coin, ou un regard de travers, et alors ? Quel est le problème ? Il n’y a pas de problème. Il n’y a pas de risque à faire des fautes. Apprenez la langue et parlez, surtout  parlez vraiment.

Alors moi je travaille beaucoup sur des préparations aux examens, sur de la grammaire, enfin des structures en chinois en plus de l’oral mais je vais vous reparler bientôt de Benny, que j’évoquais tout à l’heure, qui va vous inciter un petit peu à parler et va vous en dire encore plus que tout ce que je viens de vous dire ici pour avoir confiance en vous, pour vous lancer et booster vraiment la qualité de votre apprentissage en peu de temps rien qu’avec des astuces comme toutes celles que je viens d’évoquer.

Donc voilà, je voulais vraiment faire un petit podcast pour réagir sur ce problème, donc le problème ce n’est pas boire ou ne pas boire, ou boire ou conduire. Le problème c’est parlez, le problème c’est ayez confiance en vous et créez cette confiance en vous.  A très bientôt.

2 comments

  • Claire

    09/12/2012 at 01:31

    Moi, je suis bavarde ! En francais… Donc je me suis dit quand j’ai commencé à apprendre le bulgare, je n’y avais pas pensé mais j’avais envie de communiquer avec les gens et peu d’entre eux parlaient l’anglais (ou encore moins bien que moi… Donc aucune progression en anglais possible en vue… Ça m’a motivé pour le bulgare ! Arrivée en Chine, après que tout le monde m’ait gentiment expliqué à froce d’ex concert qu’on n’apprend pas cette langue difficile, je me suis dit, je suis bavarde, c’est pas le chinois qui va m’arrêter ! Alors oui, je baragouine (un peu moins qu’au début) mais si je raconte ensuite mes sujets de conversation avec des chinois qui ne parlent rien d’autre que le chinois, ben franchement, je réussis à avoir des conversations intéressantes (en tous les cas, je suis bien contente de les avoir, moi… J’apprends sur les chinois, leur mode de vie, de penser et on commence à être invités chez eux ou par eux… Donc on s’intègre ! Ce que je déteste, c’est quand mon mari me présente et qu’il dit : ma femme, elle, parle très bien le chinois… Là, je rame… J’ai un moment à dépasser pour me dire aller, jette toi à l’eau, c’est pas grave… Vas y… Car si le niveau annoncé, forcément l’interlocuteur ne pourra pas s:empêcher de se dire, il rêve, là, le mari… Elle parle pas tellement bien sa femme… Bon, j’me dis que ça passera pour un homme admiratif… Ou amoureux, selon, finalement… C’est pas si mal… Allez… Et hop, wo keyi shuo Hanyu ! Mei wenti….

  • Pingback: Le chinois, une porte vers de nouveaux horizons - Apprendre le chinois

Comments are closed.